L’Écosse est la destination de road trip la plus épique d’Europe occidentale — sans discussion possible. Des Highlands qui s’étendent à perte de vue sous un ciel changeant de minute en minute, des châteaux en ruine perdus dans la brume des glens, des lochs dont l’eau noire reflète les sommets enneigés, des îles aux falaises vertigineuses où nichent des millions d’oiseaux marins : c’est un pays qui semble avoir été conçu exprès pour être parcouru en voiture, une fenêtre ouverte sur les odeurs de tourbe et d’herbe mouillée. La North Coast 500 — 830 kilomètres de côtes sauvages dans le nord — est officiellement l’une des plus belles routes côtières du monde. Mais même sans suivre cet itinéraire spécifique, le moindre trajet en Écosse réserve des paysages qui justifient d’arrêter la voiture toutes les cinq minutes.
L’itinéraire classique en 10 jours depuis Édimbourg
Édimbourg mérite deux jours complets. La ville construite sur ses collines volcaniques autour du château — perché sur son rocher basaltique depuis lequel les canons tonnent à 13h précise chaque jour — est l’une des plus belles capitales d’Europe. Le Royal Mile qui descend du château jusqu’au Parlement, le quartier de Grassmarket avec ses pubs centenaires, l’Arthur’s Seat — colline volcanique au cœur de la ville depuis laquelle la vue s’étend jusqu’au Firth of Forth — et le quartier géorgien de New Town composent une ville dense et captivante. Les soirées commencent dans les pubs en sous-sol autour d’une pinte de 80 Shilling, la bière locale brune qui n’a rien à voir avec la Guinness, et se prolongent souvent très tard.

En quittant Édimbourg vers le nord, le Loch Lomond et les Trossachs constituent le premier grand parc national écossais. La route qui longe la rive ouest du Loch Lomond sur la A82 est déjà un aperçu de ce qui attend plus haut : prairies vertes piquetées de moutons, eau noire des lochs, sommets arrondis couverts de bruyère violette en été. Fort William, au pied du Ben Nevis (1 345 mètres, le plus haut sommet du Royaume-Uni), est la ville de départ pour l’ascension de la montagne et le point de départ du West Highland Way.
Glencoe, quelques kilomètres plus au sud, est le glen le plus dramatique d’Écosse — un cirque glaciaire encadré de trois sommets imposants, théâtre en 1692 du massacre du clan MacDonald par les soldats du roi Guillaume III, et qui garde encore aujourd’hui une atmosphère lourde et mélancolique que même le soleil ne dissipe pas complètement. Le Loch Ness et Inverness ferment la boucle des Highlands continentaux avant d’atteindre l’Isle of Skye par le pont ou le ferry — la plus belle île d’Écosse, avec ses formations rocheuses irréelles (le Quiraing, le Old Man of Storr), ses Fairy Pools d’eau cristalline et ses couchers de soleil qui durent deux heures en été.
Budget et conseils pratiques
Un vol Paris-Édimbourg coûte entre 60 et 180 euros selon la saison et l’anticipation. La location de voiture représente le poste principal : comptez 400 à 700 euros pour 10 jours. Attention — la conduite se fait à gauche en Écosse, et les routes des Highlands sont souvent des routes à une voie avec des emplacements de croisement (passing places) : il faut s’arrêter pour laisser passer les véhicules qui arrivent en sens inverse.
L’hébergement varie de 30 euros en auberge de jeunesse à 100-150 euros pour un B&B (bed and breakfast) avec petit-déjeuner écossais complet. Les B&B sont l’hébergement local par excellence et permettent de rencontrer les habitants dans des conditions plus authentiques qu’un hôtel. Budget total pour 10 jours : entre 1 200 et 2 000 euros par personne selon les choix de confort.

